SCHINKEL (K. F.)


SCHINKEL (K. F.)
SCHINKEL (K. F.)

SCHINKEL KARL FRIEDRICH (1781-1841)

Schinkel, qui apparaît aujourd’hui comme l’architecte allemand dominant de son siècle, est né à Neuruppin (Brandebourg). Il a laissé une œuvre à multiples facettes comportant notamment, en dehors de ses réalisations et de ses projets architecturaux, des peintures (jusqu’en 1825: La Grèce à l’époque de sa floraison ), des décors de théâtre, du mobilier, ainsi que des études archéologiques et théoriques (Karl Friedrich Schinkel, 1781-1841 , catal. d’expos., Berlin-Est, 1980, et Karl Friedrich Schinkel, Architektur, Malerei, Kunstgewerbe , catal. d’expos., Berlin-Ouest, 1981). Sa conception d’une architecture que l’on peut qualifier de néo-grecque s’inspire autant de l’Antiquité, de l’époque gothique que de la révolution industrielle anglaise (voyage de 1826). Elle a constitué la référence de toute l’école berlinoise, et plus particulièrement de Hitzig et Stüler.

À partir de 1797, il est élève de David Gilly et de son fils, Friedrich, dont le projet de monument à Frédéric le Grand marque l’avènement du néo-classicisme prussien. En 1799 il suit l’enseignement de Gentz, de Langhans, de Hirt à l’École d’architecture de Berlin. Un voyage en Italie entre 1803 et 1804 le conduit à Rome, à Naples et en Sicile (en 1824 il effectue un second voyage en Italie). Dès 1806, il signe des peintures pour des dioramas et panoramas, dont celui de Palerme en 1808 et Les Sept Merveilles du monde en 1813. Parallèlement, il exécute de nombreuses peintures de paysages proches du style de Friedrich et de Runge, où il apparaît comme un partisan du néo-gothique. Son projet d’un monument en forme de cathédrale pour commémorer les guerres de libération de 1814 en représente l’aboutissement. Sa carrière au sein de l’administration des travaux publics de Berlin débute en 1810 grâce à Wilhelm von Humboldt qui l’introduit auprès de la famille royale. En 1815, il est nommé conseiller supérieur et s’occupe à ce titre non seulement de la transformation de la capitale (son premier plan d’aménagement de Berlin date de 1817), mais encore des monuments historiques de la Prusse. Il conçoit alors également de nombreux décors scéniques, dont celui pour La Flûte enchantée (1815-1816).

Parmi ses travaux exécutés à Berlin, on peut citer le mausolée de la reine Louise à Charlottenbourg (1810); la Neue Wache (1816-1818), corps de garde doté de l’ordre dorique; le théâtre du Gendarmenmarkt (1818-1821); le musée du Lustgarten (Altes Museum, 1823-1830) qui constitue une contribution majeure à l’architecture des musées dans le sillage de Durand; le pavillon du château de Charlottenbourg (1824-1825); de nombreuses fabriques dans l’île des Paons (Pfaueninsel, 1815, 1824 et années suivantes); le Neue Packhof, entrepôt rationaliste (1829-1831); l’École d’architecture de Berlin (1831-1836). Il signe également de nombreux édifices cultuels: les églises de Louise (1821-1826), de Nazareth, Saint-Paul, Saint-Jean, Sainte-Élisabeth (1832-1834). Si Schinkel recourt ici à un vocabulaire néo-Renaissance ou antiquisant, la Friedrich-Werdersche Kirche (1824-1830) est un chef-d’œuvre de l’architecture néo-gothique en brique. L’église Saint-Nicolas à Potsdam (1830-1847) apparaît cependant comme son œuvre majeure dans ce domaine. Schinkel rejoint la problématique internationale des églises à dôme sur plan centré. Le château de Charlottenhof et les bains romains de Potsdam (1826-1835) illustrent son intérêt pour le décor intérieur et la composition pittoresque.

L’architecte a projeté et exécuté de nombreux édifices dans les « provinces» annexées par la Prusse, et notamment en Rhénanie et sur le territoire de l’actuel État polonais (repos de chasse à Antonin, 1822-1824; projet d’un château pour Potocki à Krzeszowice, 1823). Certains de ses travaux se situent au niveau de la pure reconstitution archéologique et de l’utopie: la restitution de la villa de Pline en 1833; le palais pour l’Acropole (1834); ou celui d’Orianda, en Crimée (1838).

Dès 1819, Schinkel est membre de la députation technique pour les arts et métiers de la Prusse, destinée à relancer l’industrie (en collaboration avec Beuth). Il fournit de nombreux modèles pour des artisans, s’intéressant notamment aux objets en zinc et en bronze, ainsi qu’au mobilier.

L’œuvre de Schinkel est largement diffusée grâce à la publication de la Sammlung architektonischer Entwürfe, 1819-1840 . Son projet de publier un cours d’architecture ne fut pas réalisé, mais les nombreux fragments conservés permettent d’en reconstituer plusieurs versions successives: «romantique», «classique» et «technicienne». Schinkel apparaît ainsi comme l’un des théoriciens majeurs de son époque.

De très nombreuses études ont été consacrées à Schinkel (on se reportera utilement à G. Peschken, Das architektonische Lehrbuch , Munich-Berlin, 1979), mais son œuvre n’a pas toujours été resituée dans le contexte national (rapports avec Weinbrenner, Klenze ou Gärtner) et international, malgré sa nomination dans plusieurs académies étrangères. Ses relations avec la France, notamment, restent à étudier.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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